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Combien de passoires énergétiques en France ?

À l'heure de la transition énergétique, le secteur du bâtiment fera sa transition vers la neutralité carbone par la rénovation de bâtiments autant que par l’évolution des modes de chauffage. Les objectifs de SNBC sont très ambitieux mais nécessitent d'avoir une évaluation précise de ce qu'on appelle des "passoires énergétiques".  Combien y en a t-il en France ? Quel instrument de mesure ?

Le DPE, un outil clé de la politique énergétique

Le DPE ou  le diagnostic de performance énergétique permet d’affecter à un logement donné une estimation du besoin de chauffage, des consommations énergétiques pour l’eau chaude sanitaire et la cuisson. Dans sa forme la plus synthétique, il se résume à une étiquette entre A et G qui permet en outre de donner une définition claire à ce qu’est une “passoire énergétique” : un bâtiment avec une étiquette F ou G.
En 2018 deux estimations de la performance du parc français dans son ensemble ont été publiées par les services statistiques du Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) à partir d’un ensemble de DPE. La première en 2013, la seconde en 2020. Nous serions passé de 8,8 millions à 4,8 millions de logements classés passoire énergétiques en 7 ans ! Des écarts très importants mais manifestement un ensemble de défauts ont été trouvés dans la base DPE utilisée en 2020.

Le DPE est obligatoire aujourd’hui lors de la mise en location ou de la vente d’un bâtiment. À court terme la loi resilience climat va imposer le gel des loyers des passoires énergétiques dès 2023, et l’Interdiction de mettre en location les logements mal isolés : les étiquettes G à compter de 2025, les F en 2028 et les E en 2034. Avec le temps, le DPE va donc jouer le rôle d’un contrôle technique pour les performances énergétique d’un bâtiment.

Méthode, limites et défauts du DPE

Les différences constatées entre les 2 études demandées par le gouvernement viennent de modes de calculs différents. En effet, pour obtenir un nombre de bâtiments dans chaque classe énergétique à l’échelle de la France, il est nécessaire d’effectuer un redressement statistique de la base DPE, et notamment le type et l’âge du bâtiment ainsi que la zone climatique dans laquelle il se trouve. Les 2 études ont été faites avec des méthodologies différentes et ont abouti à des écarts significatifs dans l’estimation du nombre de passoires énergétiques : 8.8 millions et 4.9 millions respectivement. Ces différence peuvent avoir plusieurs origines :

  • La dynamique du parc (rénovation/destruction)
  • La différence entre le recensement utilisé dans le 1er cas et dans le 2nd
  • Utilisation de deux campagnes de DPE faite dans des conditions et avec des objectifs différents.

La majeure partie des différences de chiffres proviennent du 3° point. En effet, La première étude a été produite de manière homogène par un seul organisme (bureau Veritas) qui était payé pour prendre le temps de bien faire le travail en évitant d’utiliser trop de valeurs par défaut. Le commanditaire (l’état) n’avait pour sa part pas d’intérêt à obtenir une classe énergétique reflétant un logement performant.
À contrario, les DPEs de la base utilisée dans l’étude de 2020 sont plus nombreux mais ont été faits à la demande de particuliers, qui avaient intérêt à ce que la classe énergétique soit celle d’un logement performant. Ils ont été réalisés par un grand nombre de diagnostiqueurs immobiliers dont certains ont pu vouloir gagner du temps dans la réalisation en utilisant des valeurs par défaut, et pour satisfaire le client, ont pris quelques libertés sur les observations faites sur le terrain.

Les enjeux et les conséquences

Les enjeux sont importants car ils concernent de nombreux logements loués, qui en fonction de leur classement pourrait être interdits à la location dès 2025 ou 2028 ! Ils conditionnent également la réussite des objectifs de décarbonation du bâtiment et la neutralité carbone à l’horizon 2050
Les pouvoirs publics font régulièrement évoluer le DPE. Une nouvelle version a été publiée en juillet 2021 qui semble satisfaire les experts les plus exigeants du domaine. Les exigences sur les logiciels utilisables par les diagnostiqueurs sont plus importantes, et le DPE est maintenant un document opposable qu’un acheteur pourrait utiliser pour casser une vente.

Des chercheurs se sont penchés sur ces chiffres, les ont analysé, pour estimer le nombre réel de logements mal classés. Leurs conclusions aboutissent à une fourchette comprise entre 5 et 7 millions de passoires thermiques en France. Il sera possible de savoir laquelle de ces tendances reflète la réalité lorsque les remontées de terrain du nouveau DPE seront rendues publiques par l’ADEME d’ici quelques mois.

Combien de passoires énergétiques en France ?
Combien de passoires énergétiques en France ?
Description
À l'heure de la transition énergétique, le secteur du bâtiment fera sa transition vers la neutralité carbone par la rénovation de bâtiments autant que par l’évolution des modes de chauffage. Les objectifs de SNBC sont très ambitieux mais nécessitent d'avoir une évaluation précise de ce qu'on appelle des "passoires énergétiques".
Auteur
Dexypro

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